Une vraie réussite que cette comédie sur un thème difficile et risqué. Pas de fausse note, les choix sont excellents et, pour une fois, un quartier de la banlieue parisienne est montré tel qu’il est, avec son appartement bien trop petit pour accueillir toute une famille d’origine sénégalaise, mais sans aucun misérabilisme. La partie idéalisée ne porte que sur l’argent de la personne handicapée et sur les caractères exceptionnels de deux hommes que rien n’aurait dû rapprocher, si ce n’est une générosité cachée au fond d’eux-mêmes que les situations de la vie vont révéler.
On sent immédiatement que le tournage a été un plaisir et que la confiance et l’amitié régnaient. Le couple Cluzet/Sy fonctionne à merveille ; il est impossible de dissocier leur mérite dans ce spectacle où les éclats de rire partent en cascade. Une relation intimiste, sans dérapage, du respect et une belle amitié. Belle performance des acteurs… La comédie a toujours su, mieux qu’aucun autre genre, approfondir nos consciences et, quand elle est aussi bien réussie, on ressent une certaine gravité devant ces *« Intouchables »* qui nous ont permis, 112 minutes durant, de porter un autre regard sur le handicap.
**Film revu en 2024 – Critique complémentaire**
Ce film enfile les clichés comme des perles : un jeune de banlieue et un bourgeois handicapé, on ne pouvait pas faire pire. Pourtant, la mayonnaise prend plutôt bien et, au final, ce film plein d’humanité emporte l’adhésion du spectateur. Le scénario est classique, mêlant habilement rires et émotions, avec des répliques d’Omar Sy qui font mouche. Cluzet est admirable dans son rôle de tétraplégique (on s’en rend compte en observant son visage expressif).
*« Intouchables »* n’est ni plus ni moins qu’une comédie bien menée et tirée d’une histoire vraie, touchante, voire vibrante, sans être pour autant le chef-d’œuvre absolu. Le scénario relève d’un beau plaidoyer sur la différence (qu’elle soit physique ou socioculturelle), porté par des acteurs sympathiques. Il y a de « beaux » sentiments qui se mêlent à de « bons » sentiments, sans mièvrerie ni pathos, ce qui fait la force de cet enchantement collectif.