« *La Vie est belle* » n’est pas la petite merveille que j’attendais après avoir lu tant de critiques élogieuses. Je reconnais pourtant au film une vraie puissance et une belle ode à la vie, même si je suis loin d’avoir été séduit d’emblée.
La première partie m’a même presque saoulé. Roberto Benigni en fait parfois tellement qu’il finit par m’agacer, accaparant tout l’espace : l’histoire, l’écran, le sujet. J’ai eu du mal à entrer dans ce personnage exubérant et dans cette comédie parfois trop appuyée. La seconde partie m’a davantage intéressé, plus profonde et surtout beaucoup plus troublante dans son propos.
J’ai été partagé devant le procédé imaginé par Guido pour cacher la réalité à son fils. L’idée est belle, mais le subterfuge me paraît tellement invraisemblable dans un camp de concentration qu’il m’a fallu accepter cette énorme part de fiction pour me laisser toucher. Et pourtant, progressivement, la magie opère. On finit par sourire avec Giosué, tout en sachant parfaitement ce que son père cherche désespérément à lui dissimuler.
La reconstitution historique est forcément édulcorée et Benigni transforme l’antre du Mal en une sorte de conte pour enfants. C’est discutable, parfois même dérangeant, mais c’est aussi précisément ce qui fait la singularité du film. Guido ne cherche pas à nier l’horreur : il la maquille pour préserver son fils et maintenir, jusqu’au bout, l’espoir d’une famille réunie.
Je suis donc sorti du film avec un sentiment assez différent de celui que j’avais au début : j’ai fini par être touché par cette obstination à croire que, malgré tout, la vie mérite d’être vécue. Et si vous restez un peu perplexe devant le film, laissez-lui quelques heures : chez moi, le charme a finalement agi après coup.