Quel ennui ! C’est l’archétype du film américain, créé au regard des goûts des Américains, fait pour les Américains, avec des acteurs américains, et tant mieux si ça plaît et se vend ailleurs. Voici donc le fast-food cinématographique ricain et sa recette : vous prenez un réalisateur connu, des acteurs bancables en tête de casting, vous achetez des kilomètres de pellicule (le film inflige 2 h 30 de souffrance !), une distribution aussi épaisse qu’un burger californien, vous incluez dans le scénario une distribution démesurée, de multiples bastons, des flots d’hémoglobine, une débauche de courses-poursuites et de cascades. Pour vous payer les moyens de vos luxueuses ambitions, vous vous mettez en quête d’un producteur qui sera prêt à vous doter d’un budget pharaonique. Si vous savez lui faire miroiter les retombées de sa mise de départ et s’il sait s’entourer d’une promotion monumentale et des faveurs du jury des Oscars, c’est le jackpot assuré. Et l’art dans tout ça ? Circulez, il s’agit avant tout de faire du blé…
C’est un énième film policier fait sur le même moule que d’autres, sans aucune personnalité, avec un montage découpé, voire haché, qui nuit parfois à la compréhension, voire au rythme. On nage dans le sang et les bons tuent les méchants, qui les tuent à leur tour, avant que les flics ne se tuent entre eux ! Juste une présence féminine aussi discrète que fugitive dans ce récit qui est avant tout une histoire de mecs où les uns trahissent les autres…
Ce film a enregistré 1,8 million d’entrées en salles lors de sa sortie en France : ça aurait été très bien pour un film français, mais au regard du budget investi outre-Atlantique, c’est relativement peu, si l’on considère qu’il n’a résisté dans notre pays que neuf semaines contre vingt ailleurs. J’espère que ceux qui auront goûté à ce sandwich à la sauce américaine n’auront pas eu d’indigestion : quand on constate les résultats diététiques des hamburgers sur la silhouette de certains Américains, n’en abusez pas quand même !